dimanche 13 janvier 2013

Sus aux homos.




Alors les cathos vont processionner. Derrière les prêches et les bannières de l’Eglise. C’est leur nouvelle croisade, après jadis la défense de leur école privée : la défense de leur mariage. Chasse gardée aux hétéros sus aux homos.
Leur mariage ainsi encadré par l’encyclique papale Humanæ vitæ : Le mariage n'est donc pas l'effet du hasard ou un produit de l'évolution de forces naturelles inconscientes: c'est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l'humanité son dessein d'amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d'un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l'éducation de nouvelles vies. De plus, pour les baptisés, le mariage revêt la dignité de signe sacramentel de la grâce, en tant qu'il représente l'union du Christ et de l'Eglise. ..…C'est enfin un amour fécond, qui ne s'épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. " Le mariage et l'amour conjugal sont ordonnés par leur nature à la procréation et à l'éducation des enfants. De fait, les enfants sont le don le plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes (8)… "
La procréation, les enfants, ils affirment qu’ils sont l’enjeu de leur mouvement d’opposition. Ne serait-ce pas plutôt la défense de principes et moralités rassis. En réalité L’Église a depuis toujours un problème avec le corps, avec le plaisir. Avec la sexualité. Elle raisonne encore avec cette conception : Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler (20). L'Eglise est conséquente avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu'elle condamne comme toujours illicite l'usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses… En pleine campagne électorale, le papa Benoît XVI n’a pas hésité à fustiger la promesse du candidat Obama de remboursement de la contraception et de la pilule abortive, appelant les catholiques américains à se mobiliser.
Même attitude hypocrite concernant l’homosexualité : le Catéchisme de l'Église catholique24, publié sous le pontificat du pape Jean-Paul II en 1992, note que les personnes homosexuelles doivent être « accueillies avec respect, compassion et délicatesse ». Cependant, les actes homosexuels sont considérés comme « contraires à la loi naturelle ». Ils « ferment l’acte sexuel au don de la vie », « ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable ». Il est cependant demandé aux fidèles catholiques d'éviter « toute marque de discrimination injuste » envers les personnes homosexuelles. Les personnes présentant des tendances homosexuelles foncières sont appelés elles aussi à réaliser la volonté de Dieu pour atteindre la « perfection chrétienne ». Le 1er octobre 1986 en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, présente une mise au point doctrinale sur le thème de l'homosexualité. « Bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée. » Enfin, le 3 juin 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec la signature du même cardinal, publie un dernier document, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles »28 » dans lequel elle affirme que « le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l'union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ». Il s'agit de s'opposer à cette politique, par des considérations morales qui relèvent de plusieurs ordres : l'ordre de la droite raison, l'ordre biologique et anthropologique, l'ordre social et l'ordre juridique.
La messe est donc dite. Il s’agit bien d’une manifestation moraliste. Il s’agit de s’attaquer au comportement déviant…Sodome et le risque d’écroulement des belles valeurs chrétiennes.Il faut sauver la multiplication des petits cathos sur la grande échelle du missionnaire. Et encore attention aux rythmes naturels…
La prochaine manif est prévue contre les périodes infécondes.










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samedi 12 janvier 2013

Une lumière si vive




Une lumière si vive dans l’entrebâillement du bureau que dans un premier temps je pense n'avoir pas éteint la lampe. Quand je pénètre dans une eau de lumière. Un clair de soleil arrosant de grains mon petit monde de feuilles et de griffonnements. Une grande tache de ciel à travers la fenêtre répandant son encre sur les premiers mots sortis de la nuit. Ébloui, comme si après dix jours d'un ciel d’étain, mes yeux avaient oublié ce pigment de cobalt pénétrant parfois nos fonds d’hiver et donnant à nos aplats des matérialités de peinture. Une lumière si vive qu’on voudrait être Matisse pour découper dans son papier bleu les images d’un poème.


jeudi 10 janvier 2013

Bol suite / 3 / Le bol d’enfance





Un jour on quitte le giron en y abandonnant les objets familiaux. Le bol, au bord un peu fort, en faïence de Sarreguemines, légèrement jauni et craquelé et décoré de fleurs devenues vieux rose. Peut-être déjà hérité d’une ascendance. Maman m’y versait du lait bouillant sur un fond de café avant le cartable à bretelles. Du bon lait de ferme, comme elle disait, presque directement du pis au bidon en aluminium avec son chapeau à chaînettes.Je soufflais un peu sur son marron clair tout en pêchant à la cuillère les îlots de crème qui cloquaient à la surface. Ce qui irritait maman c’est bon la crème. Mais ces peaux coalescentes me montaient au cœur. Je n’ai pas retrouvé ce bol quand on a vidé la maison, trente-cinq ans après. Les talons tournés, je n’ai fait coulé que du café. Je n’y pêche plus que mes idées noires.

dessin à l'encre de chine de Camelus

mardi 8 janvier 2013

Ou prendre sa Verrie pour une lanterne




Sang bleu ou pas. Quand le compte est bon, le cimetière tranche toutes les têtes. L’asticot ne transige pas à propos de l’égalité républicaine. Raide l’humain abandonne toute rigidité idéologique. Le royaume des ifs et buis est le seul où règnent harmonieusement la Liberté, la Fraternité et surtout l’Égalité.
Certains ont cependant du mal à se glisser dans le linceul commun. Lointains descendants d’échappés de la Lanterne, ils tentent d’entretenir jusqu’au dernier souffle la petite flamme de leur particule. Quand, dans 99% des avis d’obsèques, les endeuillés font part du décès de…quelques nobliaux osent cette formule ont la douleur de vous faire part du rappel à Dieu du…Comme une ultime tentative de laisser croire aux minuscules à une sorte de commerce particulier entretenu avec l’éternel. Laissant penser que ce dernier, estimant remplie la mission sur terre de son glorieux serviteur, avait soudain pris la décision de le rappeler à ses côtés, pour lui confier probablement une nouvelle charge "zailée".

dimanche 6 janvier 2013

Thé ou café ?/ Bol / 2




Dans le placard Ils sont rangés à ma gauche, tout de suite, sur l’étagère du milieu, quatre bols. Trois emboîtés dans la belle glaçure verte de la demi sphère du dernier. Soudés, les deux nôtres dessus, Ceux de mes deux filles dessous. Chacun avec sa couleur, son décor et son histoire particulière. Chacun avec son usure. On n’y lit pas nos prénoms. Comme sur ces bols souvenirs au liseré bleu des boutiques balnéaires. A leur droite la pile des bols des amis de passage.
Ils ne sont que deux, le plus clair du temps, ceux du haut qui semblent se hausser du col, s’appuyer sur l’autre pour voir au-dessus, posés sur la nappe. Quand ils sont quatre, comme à Noël, assis en rond sur la table, je sais que notre petit système planétaire est en place. Au complet. En orbite.
Serrés dans les paumes et portés à la bouche, nos coudes se touchent presque. Alors on forme comme un anneau qui tourne autour d’un soleil celui de l’amour.
Ou de l’amitié pour les visages de passage seuls auxquels on demande alors, faute d’habitude, Thé ou café ?

tableau de Camelus

samedi 5 janvier 2013

Dis ma trompe tu l’aimes ? Dis mes défenses tu les aimes ?





Les pauvres et maintenant célèbres éléphantes Lyonnaises étaient entrées le 16 décembre, pour la première fois, dans mon blog. Baby et Népal pour les intimes. S’y croisaient déjà GG et BB. Sortis sains et saufs de la fin du monde et la fin de l’année, les pachydermes restent toujours à la merci des euthanasistes vétérinaires. Du coup, notre BB nationale, qui avait proposé de les recueillir et soigner, menace à son tour d’embrasser Poutine et sa musculature démocratique. Bien sûr je rangerai cela dans la provocation opportuniste et provocatrice au service de la défense d’ivoire.
A propos d’y voir et de septième art, BB disant "j'en ai plein le c...je ne supporte plus ce pays" nous offre l’occasion de revoir cette anthologique et sulfureuse scène du film de Jean-Luc Godard « Le Mépris »: « Dis tu vois mon derrière dans la glace ?...tu les trouves jolies mes fesses ?...et mes seins tu les aimes ?...et mon visage ?...ma bouche, mes yeux, mon nez, mes oreilles ? Donc tu m’aimes totalement ?
Avec cette merveilleuse conclusion de Michel Piccoli : « Oui je t’aime totalement, tendrement, tragiquement. »
Tragiquement comme nos éléphantes.

vendredi 4 janvier 2013

Le pouce





Que serions-nous sans le pouce ? Ce formidable organe, comme tenu à l’écart, boudé par les quatre autres phalanges. Plutôt jalousé pour sa position stratégique lui permettant de se refermer en pince. Ainsi de tenir en son pouvoir la main de l’autre comme l’outil. Le pouce avec sous sa phalangette le code-barres de nos ridules digitales. Tous les doigts dressés, seul capable de ce pied de nez salutaire traduisant, accouplé à la langue tirée, la nargue de l’enfance. Ou relevé en gâchette de transformer la main en colt dans les westerns de récré. Le pouce cette excroissance anar quand l’index se lève pour répondre ou ne prouve sa grande dextérité que dans la fouille des fosses nasales et l’extraction de ses petits-gris le temps du feu rouge.
Que serions-nous sans le pouce ? Dans le fœtus et dès frais débarqués sous l’œil inquisiteur du premier terrien sans cette douce et portable tétine toujours à portée de menottes ? Sans cet étroit coin de table pour nos déjeuners express ? Comment pourrions-nous tuer le temps et goûter la paresse sans ce moulin à tourner ? Aider notre prochain avec son petit coup donné au bon moment ?
Comment sans lui et ses 2,54cm sous la toise nos amis Anglo-Saxons mesureraient-ils leurs vêtements ou diamètre de leurs peaux de batterie ? Sans cet attachant médiator, ni Hendrix ni Clapton, comment gratter nos guitares ?
Ni cailloux blancs ni Poucet. Ni coquille de noix ni Tom Pouce.
Le pouce que dans les seventies on levait pour aller au Népal et que nos enfants baladent sur leurs mobiles pour voyager en SMS OU MMS.

Obelix voit rouble





Un pied à Néchin,l'autre à Moscou, ce n'est plus un grand écart mais un écartèlement. Cette fois c'est la goutte de vodka qui définitivement fait déborder la vase.Le bouffon est passé du grand guignol au grotesque.Laissons le cuver en silence ses infâmes hommages au Vladimir qui voulait "buter les terroristes jusque dans les chiottes"...ces tchétchènes martyrisés de longues années par le même.C'est dit cette fois je l'enterre. je vous invite simplement à vérifier sur ce lien la belle réalité de la démocratie poutinienne:

http://www.fidh.org/IMG/pdf/russie-mars2012.pdf

mercredi 2 janvier 2013

"Bonne année mon cul"



Il était temps que janvier fît place à février.
Janvier est de très loin le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année. Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.
Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...
Dieu Merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de «Bonjour à tous», j'ai mis «Bonne année mon cul». C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire
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Bien sûr c’est du Desproges dans le texte. De 1986.Qui n’a pas pris une ride à l’exception du fait qu’il n’y a plus de Desproges aujourd’hui pour nous ramener à quelques vérités acides sinon salutaires. Et à l’exception notoire que les brassées d’imbéciles que nous sommes sont équipées maintenant (mains tenant dit Michel Serres) d’une prothèse qui leur colle aux doigts particulièrement le pouce et qui ont envoyé 1,4 milliard de SMS et MMS. Auxquels il faudra ajouter les dizaines de millions de cartes électroniques et mails. Combien, au clair de la lune, de Pierrots prendront encore la plume pour écrire par exemple : Il faut rajouter de la vie aux années et non des années à la vie ou encore reprenant Epictète : Il ne dépend pas de toi d’être riche, mais il dépend de toi d’être heureux .

mardi 1 janvier 2013

Bonne année, à tous le goût du présent





Je cherchais un mot, un symbole pour traduire mes sentiments en ce matin de nouvel an. Et c’est un objet qui s’est imposé. Pour dire ma disponibilité particulière à l’instant et à la suite des jours. Le bol. Cette motte de glaise si parfaitement tournée, cette étrange toupie, ce demi diabolo. Ce cœur d’argile dans nos paumes. Ce mot ventru et lissé qui sourit jusqu’au yeux. Ce bord de terre cuite que tètent nos lèvres. En une couronne de petits bécots brûlants. Cette forme qui arrondit les angles du matin. Cette coupe pleine de clarté noire ou résineuse. Le bol. Cet objet qui parle dans toutes les langues. Un peu pétri aussi de notre chair. Cet objet du temps qui coule qu’on pose devant l’être aimé ou l’ami pour lui donner le goût du présent.

tableau de Camelus