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mercredi 22 septembre 2010

Veille d'automne


Eté claque, coup de feu, be-bop coq, été crie, bleu d’acier, perce l’ouïe, ébleuit. Eté prend par la peau. Automne par l’âme, la colophane sur l’archet, chute amortie de pomme. Goût fruité, cool bonhomme, bleu d’azur. Automne rôtit à feu doux. Les saisons passent par le tympan. Eté tout est dit cru en trois lettres. Palindrome langue piercée. Automne en sept, nombre parfait entre lundi et dimanche, entre temps et éternité.
Notre place au soleil va rétrécir, s’agrandir notre rond de lumière. Chaque jour quelques fleurs se fripent pour grainer de l’or. Chaque jour quelques minutes perdues tombent de la peau dans le sablier du cœur. Lentement le corps ressent la matière des choses. L’œil plie avec la feuille volante. Doucement les lèvres arrivent à la lecture. L’été soufflé, l’automne arrive par la salive des mots. S’accoude à la fenêtre.

mardi 11 mai 2010

Nuit d'ivresse amoureuse



La nuit est douce sur la peau. Voyez comme on danse sous les lampions. Voyez comme on rit Rimbaud. Voyez comme on miaule Verlaine. La nuit est orange dans le cœur. Voyez comme on danse sous l’indigo. Voyez comme on boit voyelles. Voyez comme on brûle poèmes.
La nuit est douce sous le frisson. Voyez comme on danse sous les étoiles. Voyez comme on berce sous l’ardoisé. Voyez comme on mord le fruit. La nuit fait fête au cœur. Voyez comme on tourne avec la terre. Voyez comme on prend feu. Voyez comme on fredonne ritournelles.
Deux photos s’accolent pour un diptyque charnel. Pour une passion de gestes tendres. La pliure de la chambre noire déplie chambre rouge et chambre bleue, deux atria qui échangent leur sang, scellent amour dans l’infusion de baisers rouges et notes bleutée. L’œil chante sa nuit d’ivresse amoureuse. Deux photos collent leurs lèvres.

dimanche 9 mai 2010

Lâcher le droit fil














Envie soudain de lâcher
Le droit fil la vie toute
Prête l’axe de l’essaim
De courir après la terre
Fraîche naître à la joie
Buissonnière chanter
A tue-cœur la langue
Bien haut-perchée.

jeudi 6 mai 2010

ne pas



Tirée de l’âme pour se ficher tout droit dans l’œil, la photo cherche l’obscur soleil, le creux de l’autre œil qui va la déchirer définitivement de son premier cri, la ré-enchanter de sa chair perdue, la raccrocher à la vie. Maintenant tenue à un fil de lumière, elle peut arracher au jour l’instant.
Pourtant, devant cette photo de Michel Godeau, l’instant prête intrigue. On sent l’extrême tension du déclenchement avant de suspendre le temps. L’envie de fixer, aussi, l’entaillement de l’œil, de retarder l’après-coup, d’installer narration dans la prédation.
Alors qu’y prélever ? Qu’y lire ? Deux mots s’accommodent du flou, rabotent le mouvement : Ne pas. Et l’âme selon son penchant va se pendre au vers de Villon ou virer au fer de Calder. Grincer ou huiler l’air.
Tirée de l’âme pour pivoter dans l’œil, la photo becquette ou sculpte, sort l’oiseau de la langue. Les mots prennent garde de ne pas s’y brûler les ailes.

dimanche 3 mai 2009

La nuit étoilée

Et doucement même peau
De nos vies qui peluche
Même maille des frissons
Qui resserrent nos nuits

Et toujours même feu
Dans le cœur qui s’éprend
Même brûlure qui troue
Notre ciel de vie.

jeudi 23 avril 2009

Au large du temps

Au large du temps
Le regard voyage dans le coeur
A la rencontre de ce pays
Où on arrive accordés
Au galop des marées
L'amour sur nos peaux
couchant ses soleils rouges
Dans le sablier des étoiles.