dimanche 18 novembre 2012
TEMPS VARIABLE.
Il a plu des bombes, des missels,
Des roquettes, des cris et des clous
Des Allah Akbar ! , des oh mon dieu!
Des codes civils et des cocoricos.
Les anti-Palestine occupent leurs bunkers
Les anti-Israël se terrent dans leurs caves
Les anti-aérien squattent leurs cabanes
Les anti-homos se serrent dans leurs églises.
Samedi 17 novembre 2012
Dimanche 18 novembre 2012
Sainte Elisabeth et Sainte Aude
Météo du jour : Temps variable.
samedi 17 novembre 2012
Malacologue ou lumagination au pouvoir.
Je guette toujours dans mon quotidien matinal (le journal) l’entrefilet susceptible de nous présenter le monde et surtout son triste érectus sous une face un peu plus réjouissante. J’avoue qu’il y a souvent des jours sans.
Mais aujourd’hui je découvre en dernière page qu’un certain Mikel Chaussepied peint depuis 2002 un matricule sur le dos des escargots qui traversent son jardin. Loisir comme un autre penserez vous, façon originale entre macramé et peinture sur soie de prendre la retraite par les cornes. Pas de quoi alerter Bardot ou Greenpeace. D’autant que ce pigmenteur de cagouille, par ailleurs graveur et peintre reconnu, explique que son geste est une réplique à la vision insupportable des arbres numérotés dans un parc voisin, on aurait dit les prisonniers d’un stalag
. Bien sûr on a beau se gratter le colimaçon, la logique de ce sillage artistique peut interroger. Mais au moins nous fait-il sortir l’esprit de la coquille.
D’ailleurs ce malacologue amateur à lumagination débordante va se voir remettre le titre de grand recenseur de l’escargot cosmique par l’association Vacuus de Brest qui prône la néantologie et promeut toute activité n’ayant pas de justification utilitaire.
Ps : Vacuus qui tient blog dont la seule page d’entrée promeut…3 publicités, forcément sans justification utilitaire…
vendredi 16 novembre 2012
Peau de colle
On sait que la recherche est d’abord une affaire d’intuition. En bref qu’un bon chercheur doit avoir du nez. Alors on perçoit mieux ce qui a pu conduire certains universitaires de Tours à sonder les fosses de 18 patients hospitalisés pour sévère dépression. A qui on a fait renifler huit odeurs différentes, qualifiées d’alléchantes ou désagréables. Parfois leur mélange. Le résultat de ce pifomètre indique que face au ressenti de 54 volontaires en bonne santé, l’olfaction des malades testés se révèle relativement altérée. Ainsi on suppute suspect le fait qu’ils rangent dans les odeurs déplaisantes la vanille, la cannelle ou l’amande amère. D’autant que les mêmes bouchés, après six mois d’antidépresseurs, persistent à ne pas humer comme le commun des narines.
Mais alors qu’en conclure ? Que tous les déprimés n’ont dans le cerveau qu’un petit pois de senteur ? Que tous les infirmes du pif sont des dépressifs en puissance ?
Ne serait-ce pas, pour ces chercheurs, à l’instar de beaucoup de manipulateurs de rats qu’une façon de montrer le bout de leur nez ?
Par essence la dépression est d’abord une perte sévère d’appétence aux choses de la vie. Tous les sens sont mis sous l’éteignoir. Mais quand le malade revient de sa douloureuse traversée, il reprend parfaitement goût à ce qui fait le sel ou l’odeur du bonheur.
Allons, une de ces chercheuses de truffe admet, quand même, qu’une odeur semble surnager et redevenir plaisante aux tarins antidépréssés : celle du petit pot de colle utilisé en classe qui sentait légèrement l’amande amère.
Ah ! Le petit pot de colle blanche qu’on sniffait à partir de la maternelle à base d’amidon de pomme de terre avec sa petite spatule qui permettait de réaliser les beaux collages des premiers cahiers.
Tout le parfum de l’enfance dans lequel tout bon psy (chiatre ou thérapeute) vous replonge au premier blues.
Cette enfance vraie peau de colle.
lundi 12 novembre 2012
Ses leçons de choses
Il a sept ans et la main gauche collée sur son buvard chicorée Leroux. Il s’applique à écrire, à la plume sergent-major, la liste des sept pluriels qu’il s’efforcera de mémoriser ensuite : bijou, caillou, chou…
Il a huit ans et ouvre ravi, au retour du jardin du maître, le chapitre : Plantons des choux, à la page 119 de son livre Leçons de choses en classe et en promenade pour cours élémentaire et moyen.
J’ai sept ans au bord du semis de sa pépinière de choux. Traits parfaitement rectilignes comme ses tracés d’encre violette. Dans deux mois il espacera sa sélection de replants en quinconce.
J’ai huit ans et je le regarde enterrer ses plants jusqu’aux premières feuilles. Suit-il ainsi, encore, dans ce geste, la consigne de la page 121 de son ancien Delagrave cartonné, dessin bleu, en couverture, d’épis de blés ?
J’y lis aujourd’hui dans sa préface : Les connaissances ont leur double racine sans lesquelles elles seraient superficielles et précaires : 1) dans la perception attentive du réel 2) dans son expression verbale.
Je n’ai pas connu en classe ces leçons de choses. Mais j’ai eu son jardin du maître pour école.
lundi 5 novembre 2012
Le sécateur
Voilà posé sur le fil de ma page, un drôle de corvidé aux fines ailes, bridées par une boucle de cuir. Je voyais toujours son bec crochu dépasser de ses poches de pantalon. Lame ovale croisant une plus épaisse en croissant. Un oiseau au poli de jais, dont la pupille saillante, me fixe latéralement.
Son dernier sécateur dont un ressort libère les ciseaux. Acier extra, parfaitement équilibré, qualité sans égale et fini irréprochable, tel que précisé, sur fond vert, dans son catalogue Manufrance.
Je l’ai encore bien en main cet outil modèle courant à 8 francs que j’ai sauvegardé de son fourbi. Pour un peu, le serrant, je sentirai presque un cœur battre dans mes paumes. Il en pendait deux autres dans la cabane dont un plus sec pour la vigne. Je les prenais et ouvrais un peu en cachette. Tu vas te couper me disait-il. Il n’aimait pas me les voir manipuler.
J’aimais regarder l’envolée de ses gestes précis dans les rameaux. Sa taille de fin d’automne qui faisait voler les rémiges des fruitiers.
Longue absence pour certains... afin de finaliser un manuscrit qui reprend les textes "Dans le jardin de mon père" et qui devrait conduire à une publication dans les mois à venir. Jusqu'à la fin de l'année je vais en poster un certain nombre.
vendredi 14 septembre 2012
le chou (dans le jardin de mon père)
Etais-je trognon ? Comme on le dit aujourd’hui autour des berceaux. Je n’ai pas dans l’oreille de Mon chou ou mon ptit chou susurrés par ma mère ou lui. J’ai des Bout d’chou par certains familiers.
Dans les colos, quand le parisien était parigot tête de veau, j’étais le ventrachou
mais pas tête de chou. Un legs de chouannerie vendéenne.
Pommé, fleur ou Bruxelles, vert, violet ou bleuté, le chou traversait les saisons au jardin. Il les plantait de mai à novembre : Gros des vertus, Beauté de Marly, Pontoise, Merveille de toutes saisons ou Demi-nain de la Halle. A la mode de chez nous. Surtout bien borner le plant disait-il en obliquant la pointe.
J’ai cru un temps au père Noël, comme à l’éclosion dans les roses ou les choux. Je n’aurais pas osé les embêter sur la naissance. Puis j’ai douté devant le gros ventre lacté du chou-fleur ou la crèche de larges feuilles lisses du cabus ou cloquées du milan.
Mais naître dans ce giron quoi de plus beau symboliquement ? Grain d’étoile dans les spirales du Romanesco.
lundi 10 septembre 2012
Suzon à la télé
Voilà que Delarue décroche quand le moral des français est à la rue, qu’Hollande double les noisettes des bas de laine quand 21% des hexagonaux, selon un sondage matinal, ont ,tous les mois,leur compte bancaire dans les chaussettes. Voilà belles-mères et ménagères, accrocs du Paf maintenant en manque du gendre idéal et non moins sniffeur d’inconscient et montreur de belles douleurs. Et sans doute ces fins de mois et faims de moi, vont faire péter le prochain thermomètre des sondeurs occultes.
Sachant que déjà près de 70% des français broyaient du noir. Qui maintenant va prendre en charge cette psychose nationale qui nous vaut de battre le record des shoots collectifs ? Roselyne Bachelot dont on annonce le tailleur rose sur Direct 8 ? Le luxueux Bernard Arnault, un instant pressenti, semble plus attiré par les défilés du Manneken Piss et brusseler pour le cornet à 75% de frites. Quand à Bernard tapie, le brillant détourneur de nos impôts, il a bien trop affaires. Ayant à peine amarré son yacht de 40 millions, le voilà acquérant pour 47 millions « la mandala » modeste villa Tropézienne de 500 m2 et 2 hectares. Actuelle propriété d’un de ses amis, un certain Onofrio affairiste plusieurs fois condamné et néanmoins…citoyen Belge.
A moins que ma chère voisine Suzanne accepte de reprendre le créneau de Toute une histoire y transmettant ses petits bricolages pour arrondir de bonne humeur toutes les binettes bouchonnées.
vendredi 7 septembre 2012
Les Dahlias ( dans les jardins de mon père )
Vient au jardin ce moment magique du fleurissement. Gouachant, de blanc rose ou de violet, les rangs buissonnants des haricots ou allumant, de somptueuses corolles orangées, le vert dentelé des courgettes. À ces éclatements cycliques il ajoutait son propre embellissement floral.
Il disposait des fleurs, outre pour leur agrément, pour leurs vertus secondaires, protectrices ou pollinisatrices. Ainsi des œillets d’Inde entre les tomates, des capucines près des courgettes ou de la bourrache au bleu si secret. Celle du moucheron de Rimbaud amoureux de la bourrache et que dissout un rayon. Seul le dahlia n’était élu que pour son irradiant éclat.
Fréquentant la maison, Van Gogh, aurait délaissé ses tournesols, pour écraser ses couleurs devant les dahlias qui illuminaient le centre de la table et l’angle du buffet. L’été, il en rapportait de merveilleux bouquets que maman, qui ne jurait que par ses glaïeuls arrangeait en maugréant : ça ne tient pas en vase.
Mais il devait estimer que même éphémère leur beauté ne souffrait nulle remarque. Ni le rapide racornissement de leurs flammes comme le poudroiement mimosa de leur cœur sur le formica n’étaient susceptibles de froisser son bonheur. C’était sa fleur.
Maintenant la mienne. Ces fascinantes constellations rouges, blanches mordorées ou panachées brûlent au quatre coins de mon jardin.
mardi 4 septembre 2012
ECCE HOMO
La plupart l’appellent Suzon, ma voisine au tournesol. Suzanne lui va mieux. Dans ses yeux je vois toujours les prunelles de cette merveille fleur grimpante : la Suzanne aux yeux noirs.
Et puis son bonhomme de soleil m’a ramené, à ce qui restera pour moi, l’image iconique de l’été : le Christ restauré de Borja.
Le toilettage de cette œuvre de l’église du village a enflammé journaux et web. Depuis ses retouches au portrait christique, Cécilia notre artiste du dimanche et néanmoins octogénaire subit un véritable calvaire. Quelle injustice pour un geste totalement désintéressé et inspiré par la seule foi dans l’art.
Et puis sa réinterprétation naïve ou singulière n’a rien de sacrilège. Elle n’a, au fond, que fait redescendre ce larron divin de sa croix, sur terre quoi ! En lui redonnant face humaine, bonne bouille, le regard laconique devant un avenir plutôt biaisé. Terriblement humain, normal, un chômeur Quoi ! Pas le visage d’un de ses fils à papa qui se tire au ciel à la moindre crise capitale.
C’est vrai qu’à propos de mon bonhomme de Tournesol de Suzanne, ce bonhomme de peinture de Cécilia est un peu sommaire. Mais le peintre Elias Garcia Marquez, selon ses propres dires ne l’avait-il pas légué au peuple et écrit sous son tableau : ceci est le résultat de deux heures de dévotion à la Vierge de la miséricorde.
Alors miséricorde pour cette pauvre Cécilia et tressons lui couronne de lauriers plutôt que d’épines.
samedi 1 septembre 2012
Le bonhomme Tournesol
Le fond de l’air est si déprimant, même le mercure dévisse que je n’avais rien envisagé de plus morose, pour un come-back qu’une dérive autour de l’adjectif « normal », tant il me parait imbiber l’atmosphère et enregistrer la plate oscillation de notre cardiogramme hexagonal ambiant.
Et puis, hier soir, le hasard d’une visite à une voisine m’a cloué devant ce joyeux majordome aux mèches folâtres, aux mirettes Evian et à la banane estivale, planté au pied de la maison.
Et la dame de m’expliquer en souriant que son drille était, sans doute, le fruit des graines distribuées l’hiver aux oiseaux. Son bonhomme Tournesol qu’elle avait aussi naturellement fabriqué à ses 82 printemps que, petite fille, ses bonhommes de neige.
Rien de sénile dans les yeux malins de celle qui œuvra à la création des urgences à l’hôpital de Nantes, plutôt du pétillement. La réjouissante capacité de se moquer du temps qui passe. De prendre la vie par le soleil. De ridiculiser ce « normal » qui nous bouche les yeux.
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