Enfance de marguerite ou d’aubépine. De placard ou de cabane. Mythologie des enfances. Enfance de fleur de pissenlit beurrée sur le nez ou soufflée dans le Larousse. Faut pas remuer le passé me dit-on. Ou plutôt quand il égratigne. On a fait ce qu’on a pu ils me disaient. On croyait bien faire. Ne pas remuer la chair. Ne pas secouer les morts. Mais c’est quoi le matin sinon remuer la terre. Faire du neuf avec des racines et des rhizomes. Un bon vieux soleil et une bonne vieille lune.
Sûrement le printemps boute. Je vais bientôt revenir à mes carrés. Mes autres pages blanches. Enfouir et fondre le compost épandu sur la motte. Remuer le jardin. M’inscrire alors dans les gestes de mon père. Enfance de fraicheur d’arrosoir et de complicité silencieuse. Enfance de graines trillées. De douceurs, plus tard, retrouvées et retournées tristement dans les poches des blouses. Semis des mots au long du cordeau ombilical. Chaque matin faut remuer du présent. Enfance-toi bien ça dans la binette.
samedi 10 mars 2012
vendredi 9 mars 2012
Des regrets de Sarkodile
Selon quelques complaisants commentateurs de l’émission d’avant-hier Des paroles et des actes, le candidat président serait apparu fragile voire touchant lors de son minable effeuillage privé. Emouvant de tomber l’armure plaquée-or pour le marcel popu… Malheureusement qu’opportuniste. Faire popu pour redevenir popu dans l’électorat populaire. Du mauvais roman photo à la Nous Deux aussi crédible que s’il avait décidé de troquer son trois pièces pour la soutane de l’abbé Pierre.
En réalité notre Duracell voit fondre ses batteries de jour en jour. Il restera définitivement dans l’Histoire docteur Karcher et mister bling-bling. Alors pour se refaire une virginité sociale, il s’accroche désespérément au caleçon lepéniste. Avant-hier, notre tartuffe a même osé l’humilité, lamentablement aidé ou desservi ?d’ailleurs par une Carla susurrant nous sommes des gens simples.
Quel pitié de l’entendre ainsi faussement égrener quelques regrets de crocodile. Le Fouquet’s ? C’était parce que le petit cœur soudain sans famille se serait, par hasard, laissé aller au réconfort d’une autre… celle des très riches. Le yacht de Bolloré ? Mais ce n’était qu’un bateau, que dis-je un rafiot avec seulement… 17 hommes d’équipage. Le petit à l’Epad ? Juste une bien normale attention de père. Casse-toi pauv’con ? …un Beugue dans l’oreillette.
Vouloir ainsi tordre son image pour un plat de lentilles électorales c’est abaisser la fonction présidentielle et agresser l’intelligence des Français. Car son appétit people et son choix clanique des riches, au-delà d’actes privés symboliques se sont bien concrétisés dans des orientations politiques de classe comme le Bouclier fiscal. D’ailleurs, dans cette même émission, le naturel a vite regagné le box du candidat président. N’a-t-il pas repris, pour contrer la proposition du socialiste d’imposer à 75% les plus riches, l’argument du masqué Bayrou considérant qu’une telle mesure découragerait l’envie d’entreprendre et de réussir des jeunes. Autrement dit, la rolex à 50 ans et l’atteinte de la grande fortune restent pour ces gens-là les marqueurs de la réussite personnelle.
Voilà qu’hier sur le mode moi ou le chaos qu’il nous prévenait de sa retraite politique définitive en cas de défaite. Mais cette retraite là nous l’approuvons des deux bulletins. Allez Carla prépare tes Vuitton.
En réalité notre Duracell voit fondre ses batteries de jour en jour. Il restera définitivement dans l’Histoire docteur Karcher et mister bling-bling. Alors pour se refaire une virginité sociale, il s’accroche désespérément au caleçon lepéniste. Avant-hier, notre tartuffe a même osé l’humilité, lamentablement aidé ou desservi ?d’ailleurs par une Carla susurrant nous sommes des gens simples.
Quel pitié de l’entendre ainsi faussement égrener quelques regrets de crocodile. Le Fouquet’s ? C’était parce que le petit cœur soudain sans famille se serait, par hasard, laissé aller au réconfort d’une autre… celle des très riches. Le yacht de Bolloré ? Mais ce n’était qu’un bateau, que dis-je un rafiot avec seulement… 17 hommes d’équipage. Le petit à l’Epad ? Juste une bien normale attention de père. Casse-toi pauv’con ? …un Beugue dans l’oreillette.
Vouloir ainsi tordre son image pour un plat de lentilles électorales c’est abaisser la fonction présidentielle et agresser l’intelligence des Français. Car son appétit people et son choix clanique des riches, au-delà d’actes privés symboliques se sont bien concrétisés dans des orientations politiques de classe comme le Bouclier fiscal. D’ailleurs, dans cette même émission, le naturel a vite regagné le box du candidat président. N’a-t-il pas repris, pour contrer la proposition du socialiste d’imposer à 75% les plus riches, l’argument du masqué Bayrou considérant qu’une telle mesure découragerait l’envie d’entreprendre et de réussir des jeunes. Autrement dit, la rolex à 50 ans et l’atteinte de la grande fortune restent pour ces gens-là les marqueurs de la réussite personnelle.
Voilà qu’hier sur le mode moi ou le chaos qu’il nous prévenait de sa retraite politique définitive en cas de défaite. Mais cette retraite là nous l’approuvons des deux bulletins. Allez Carla prépare tes Vuitton.
jeudi 8 mars 2012
Enfances/ Daddy de Sylvia Plath/ Trad de Valérie Rouzeau
mercredi 7 mars 2012
Même pas mort

Chaque nuit tournée a beau additionner un jour entre lui et moi. Entre l’ombre malingre et cet autre qui habite les poèmes. Chaque matin il me rattrape. Ce perdu de dix ans racorni dans l’angle glacial d’un préau. Cette proie effrayée qui au premier jeudi a vu ses agates et figurines de plomb écrasées sous la semelle noire. Sa courte enfance soleilleuse rageusement piétinée. Ce petit qui parfois encore sursaute glacé en criant : « même pas mort ».
Et c’est lui, chaque matin qui me rassure avec ses secrets cachés dans son plumier. Qui m’entraine dans l’or frais des fenêtres. Me retient par la peau de la lumière naissante. Et c’est lui aux gaités attristées qui m’apprend toujours à trouver bêtement le bonheur dans des joies de rien. Comme le goût d’un café. Cet enfant dont le lait coule encore du nez comme au printemps d’un rameau brisé.
mardi 6 mars 2012
Dylan is Dylan
Bob Dylan - Subterranean Homesick Blues (Official Music Video). Watch more top selected videos about: Bob Dylan
avec ce vers célèbre: You don't need a weatherman to know which way the wind blows"
Du 6 mars au 15 juillet, exposition "Bob Dylan, l’explosion rock 61-66" cité de la musique à Paris.
lundi 5 mars 2012
Calvaire/2

« Calvaire ». Si ce n’était que langue qui fourche, qu’approximation lexicale. Si ce n’était que furoncle de la pensée, que bouffée christique…
Arrête de couper en quatre les mots, de prendre la langue pour une lanterne. Va donc tirer les vers des fruits plutôt que des cadavres. Mêle-toi de tes oisons et autres moutons sous la lie. Tu ne vas pas nous faire un poème pour un mot de travers.
Oui mais c’est langue qu’on équarrit, couleur qu’on affadit. Degré qu’on arase, valeur qu’on marchande…
Arrête de fourgonner la cendre, de prendre la langue pour un couteau. Va donc gratter le papier plutôt que la moindre plaie. Mêle-toi de tes chimères et autres lunes dans l’encrier. Tu ne vas pas nous faire un poème pour un mot pour un autre.
Oui mais, volontairement mal nommer les choses c’est créer du chaos, niveler le langage c’est mutiler la pensée. Ce « calvaire » ici travestit la réalité. C’est un leurre pour gommer toute différence de classes. Quand tout mot vaudra l’autre dans les cerveaux disponibles, plus aucune résistance ne disputera la séduction publicitaire.
Arrête ton délire sémantique, ton café refroidit.
dimanche 4 mars 2012
samedi 3 mars 2012
Calvaire

« Calvaire ». Mot élu par l’officiant de la lucarne pour mettre en scène le dérisoire mélodrame de la croisière en rade sous Les Seychelles. « Calvaire ». On s’est enfoncé dans des pages, pour découdre la colère mauvaise coucheuse. On a mis dessus l’obscurité des vantaux et tout le poids de la nuit. On a fini par étouffer le mot. On espérait, à la buée du matin, que la journée fume rose à l’image du ciel.
Mais le premier bulletin radio enfonce le clou. « Calvaire » à nouveau pour étaler le sort des Costa Allégra. 636 pauvres croisiéristes de luxe sous la manne d’hélicoptère et ubuesque raccourci social, sur leur gigantesque gratte-mer, remorqués par 28 marins thoniers. De quel mot alors autopsier la vie de rat dans les caves de Homs ? Café foutu. La journée s’effilochera morose.
vendredi 2 mars 2012
La T S F

Je tiens surement de mon père ce geste quasi reflexe d’allumer, dès lever, la radio. Papa disait la T.S.F. parlant du poste qui trônait sur une tablette au-dessus du frigidaire. Un Ducretet à lampes en bois verni. Avec son nid d’abeille derrière lequel palpitait le monde. Et sa lampe verte, l’œil magique qui réglait les fréquences. J’ai toujours ce bel objet, aujourd’hui de collection. Il arrêtait le curseur sur Paris Inter pour écouter les informations. Les informations, instant grave qui ne tolérait aucun bruit ni mouvement autour. Souvent papa restait debout, appuyé sur le frigo, l’oreille collée au récepteur. Pestant contre les fuites ou crachotements du son qui l’obligeaient à raccommoder, ensuite, les événements. A d’autres heures, il plaçait l’aiguille sur Luxembourg pour suivre le quitte ou double ou le ça va bouillir de Zappy Max ou la famille Duraton. Souvent une émission de chansons animée par Charles Trenet sponsorisée par une réclame dont je garde le parfum dans ma mémoire : Le parfum Bourjois avec un j comme joie.
jeudi 1 mars 2012
ÉROS FLASH BLACK

La Poésie a sa saison. Elle sort de ses enfers en mars, du 5 au 18, à l’occasion du très officiel « Printemps des poètes ». On peut même voir des journaux et des libraires la mettre à la une. Ensuite silence, retour au sérieux, romans, essais et autre littérature d’épaisseur. Avec l’âme, on n’en a guère pour son argent… La Poésie, passé le 18 mars redevient langue morte pour les médias. Pourtant la Poésie n’a pas de saison. Elle est extrêmement vivante. Et pour peu qu’un professionnel du livre la mette en avant elle se vend même.
Cette année le thème du « Printemps » est : « Enfances ». Et ce « s » final permet d’ouvrir au delà de la Poésie jeunesse. Alors pour ceux qui considèrent que la Poésie c’est du pipi de chat, ce très beau poème de Christian Prigent :
Au diable le rouge ambre et les falbalas
Et paumons-lui la gueule à Éros si sa
Peau de fesse de berger extravagant
Bleuit de moisi moche aux bosquets d’avant
Quand on fut enfant mes sœurs mes fraîches mes
Cousines dans les rus d’eau fine accroupies
Parmi l’encre l’essence arc-en-ciel le lait
De cuisse et les pipis divisés aux toupies
Du courant. Rien que l’eau blanche des lessives
Laisse aller rose et cobalt entre des rives
Le jus acide exacerbant (c’est cidre ou
L’herbe à la porcelaine de vos genoux).
Inscription à :
Commentaires (Atom)




