On peut faire poème de roulotte qui cahote Aquarelle aux bleus gouachés qui rime riche Ame d’un violon tsigane qui chaloupe gitane Ou noircir cercle autour du feu des langues Romano romanichel gitan tsigane égyptien Sanskrit romani calo arlisko romungro cant Yenisch rom rabouin manouche bohémien Caraque zingare nomades gens du voyage On peut barioler un beau coucher de plume Encre chinant traits dans la bonne aventure Ame d’une guitare qui embobine sérénade Ou desserrer nuit aux huit doigts de Django Coudre nos yeux crus aux étoiles les jaunes Graver dans l’ensablement la voix humaine.
12000 à 15000 Roms, une goutte d’homme donc dans l’hexagone. Alors pourquoi ce débordement ? Cet acharnement ciblé ? Cette honte bue jusqu’à l’hallali ? Pourquoi eux ? Au-delà du raisonnement primaire qui consiste à trouver la victime idéale parce que de tout temps stigmatisée et pourchassée, pour une démonstration à peu de frais d’une pseudo politique de fermeté sécuritaire, c’est l’aboutissement de la condamnation à mort paradoxalement de l’individu, du différent par le libéralisme. Ces Roms, d’emblée ont été et souvent à tort, puisque venant de Roumanie, rangés dans « les gens du voyage ». Et c’est ce nomadisme, cette errance choisie, après avoir été subie pendant de siècles qui dérangent nos nabots politiques. Pour ces oligarques, malgré la crise, ces désenchanteurs pourrissants, l’économique ne veut voir qu’une seule tête, qu’un seul geste multiplié, qu’une unique pensée. Que des travailleurs plus, des gagneurs plus. Que des pousseurs de caddies. Des boulonnés au boulot. Au plus dans les navettes de Pôle emploi. Il faut donc expurger de leur société tous les fauteurs de liberté, ceux qui préfèrent au taux zéro la compagnie des nuages. Alors ceux qui voyagent dans leur tête, emmènent les autres ? Les artistes, les poètes ? Pour combien de temps sont-ils encore en libre circulation ?
Alors que face aux critiques de la commission européenne, Judas Besson avait déclaré le 10 septembre Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité, voilà qu’on apprend l’existence d’une circulaire du ministère de l’intérieur en date du 5 août, à destination des préfets dans laquelle à plusieurs reprises, la chasse à Rom est explicitement discriminé : les préfets de zone s’assureront, dans leur zone de compétence, de la réalisation minimale d’une opération importante par semaine ( évacuation, démantèlement, reconduite), concernant prioritairement les Roms. Nulle surprise malheureusement, l’acharnement estival contre cette communauté soulignant fatalement un ciblage particulier et réfléchi. Mais cette mise à jour conforte le sentiment d’une comparaison possible avec d’autres temps où la différence pouvait s’envelopper de nuit et brouillard. Mais cette révélation jette une ombre glaçante sur le pouvoir, surlignant sa capacité de duplicité au service de ses seuls intérêts politiciens. Ces Roms n’étant que les victimes d’un hochement sécuritaire, les martyrs d’un détournement de l’opinion des combines affairistes des Woerth et consorts. Mais cette réalité confirme, si cela était encore nécessaire, la déliquescence de ce pouvoir et son progressif éloignement des valeurs de notre république. Les comportements de ces hommes de ce pouvoir entachent dangereusement la démocratie, en détruisant toute crédibilité de la parole politique .
Travaillez plus pour gagner plus/Travailler plus longtemps pour perdre moins. C’est toujours à travers le prisme de l’avoir, que nos petits gardiens du temple ordurier nous regardent. Jamais à travers celui de l’être. Pas question d’ébranler les colonnes des palais Brongniart et autres autels des boursouflures. Nous sommes asservis par des petits marquis qui nous bavent la petite cuillère en or encore dans la bouche. Ces gens-là qui voient nos vies comme des télés-réalités. Nos tripes comme des ficelles pour leurs petits business. Ces très hauts pour la France d’en très bas. Aussi proches du vécu populaire qu’un Rom du paradis sur France.
L’espérance de vie ? Mais de quelle vie parlent-ils ces assis qui n’ont jamais connu du travail que la bandante exploitation de l’autre. Qui n’utilisent leur cervelle qu’à la multiplication du code barre. Mais de quelle vie parlent-ils ces rats la gueule qui nous suicident dans leurs rouages entrepreneuriaux. C’est le travail qui doit être mis en question, son contenu, sa justification. C’est cette torture qui doit être interrogée quand la recherche de son allongement ne répond qu’à l’huilage d’un système dont la récente crise a souligné l’absurdité et l’injustice totales. La prolongation souhaitée du temps d’esclavage ne vise qu’à préserver leur butin de guerre.
Mon beau tzigane mon amant Écoute les cloches qui sonnent Nous nous aimions éperdument Croyant n'être vus de personne
Mais nous étions bien mal cachés Toutes les cloches à la ronde Nous ont vus du haut des clochers Et le disent à tout le monde
Demain Cyprien et Henri Marie Ursule et Catherine La boulangère et son mari Et puis Gertrude ma cousine
Souriront quand je passerai Je ne saurai plus où me mettre Tu seras loin Je pleurerai J'en mourrai peut-être
Guillaume Apollinaire
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien, Mais l'amour infini me montera dans l'âme ; Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Nature, heureux- comme avec une femme.
Il y a maintenant un trou entre nos mots, une cassure dans nos lignes. Nous lisions ensemble, dizaine de rapportés devenus amis pourenchanter un peu les autres, vibrer nous-mêmes. Nous nous retrouvions pour nous surprendre, nous accorder.
Et dans ce frottement des cordes il y avait ta note. Plutôt bleue buveuse d’horizon clair. Ta petite note posée juste dans la vie, bien tenue dans le registre de l’éblouissementet de la gaieté.
Dans les vibrations de nos tutoiements il y avait ta belle joie d’être. Il y a maintenant un trou dans nos gorges, une voix envolée de notre fil.
Après la commission européenne, le pape et les évêques de France, voilà le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’Onu qui dénonce le renvoi des Roms par la France.
Voilà notre pays, de nouveau, terni par notre gesticulateur précoce. Mis aux bans. Chacun d’entre nous ainsi montré du doigt à travers l’égo barré de notre calife.
Bien sûr, notre pays ne mord pas encore la cheville des cuba, Iran, Corée ou autre paradis Birman mais référence mondiale des droits de l’homme, il se doit d’être exemplaire sur ce sujet. Chacun de ses dérapages peut, sinon, faire bouger le curseur du tolérable pour nombre d’autres nations.
Notre pays se doit donc de rechercher toujours le juste équilibre entre la sécurisation de ses citoyens et le respect de ses valeurs liberté, égalité, fraternité.
Or, il est bien évident que ce ne sont pas les quelques milliers de Roms qui squattent nos décharges qui sont à l’origine de l’éventuel sentiment d’insécurité de certains français.
Alors, nos dirigeants ont simplement plongé leur cuillère électorale dans la soupe populiste et nauséabonde de l’imaginaire collectif touillée autour de cette population. De voleurs de poules, pire d’enfants…population, par son absence de fixation, regardée, depuis toujours, avec méfiance.
Or non seulement cette politique est abjecte, car elle stigmatise les plus différents, les plus misérables, mais elle s’avèreran’alimenter que les urnes du front national, sans apporter réponse aux vraies raisons de l’insécurité qui sont, avant tout, le chômage, le travail précaire, la pauvreté et les inégalités croissantes.
Faut-il être faible pour chercher toujours, ainsi sous le préau, un plus petit que soit à tabasser !
Faut-il être petit pour toujours, ainsi, s’abaisser aux plus vils calculs !
Ah! pourquoi ce cœur ce palpitant qui s'emballe serre Nous tourne la tête nous bouffe vie a ses hauts vomit Ce muscle mou qui bat fond pour un rien pour un mot Ah! bonheur des poitrines vides juste avec une pierre Ou deux pour le bruit bling bling au matin dans le tain Quand en se rasant on pense chante aux lendemains Ah! bonheur des cages thoraciques sans pouls coup Ah! joie des chairs sanglées pour la barbarie la haine Des corps froids onglés pour la proie le cri déchirant Pour ceux-là l’ère ouverte des primates des babines Des hallalis abois des chasses présidentielles sang Sur les brocards les robes mains fumantes des invités Bonheur des battues curées des rudes équarrissages De la viande jetée à la meute du vif dépeçage en pâture Ah! La belle ère des rats qui sortent des lobes à la brune Des loups qui ne dorment que d’un œil crevé veillent au Chaperonnement collectif somment la bête de sortir du Troupeau bouter à crocs toute peau sentant l’en-dehors.