mardi 31 mars 2009

Travailler tue

Le 26 mars 2009, un salarié de l’usine de porcelaine Deshoulières à Chauvigny s’est donné la mort, laissant une lettre expliquant sa décision par la trop grande pression professionnelle qu’il subissait. Ce salarié était délégué syndical et son geste intervient après un plan social très dur et des mois de lutte qui n’ont permis de sauver qu’une dizaine d’emplois sur les 82 licenciements programmés.
Pour ce cas qui émerge dans les médias, combien de suicides relatifs au travail sont simplement étouffés ou transformés en suicides pour des raisons privées. En effet, la plupart des désespérés ne se suppriment pas sur leur lieu de travail et ne laissent pas d’explications à leur acte.
Pourtant les suicidés du travail son nombreux, les statistiques parlent de un par jour, dans tous les métiers et niveaux d’emploi. Depuis des années, le monde du travail, à l’heure libérale est mis en accusation. Les entreprises contraignent leurs salariés à une course folle à la productivité et à la rentabilité. Le patronat dans un délire de compétitivité et de rémunération des actionnaires pilote ses troupes dans un climat permanent de guerre économique. Alors les salariés individualisés dans leur rémunérations, isolés dans la réalisation de leurs objectifs subissent une pression croissante qui les mènent à un stress de plus en plus déstabilisant et à une fragilisation dangereuse. Tous ne se suicident pas mais combien sont malades, connaissent de graves dépressions, se droguent ou prennent des tranquillisants.
Et ce n’est pas le terrible moment que nous vivons avec ses faillites et restructurations qui va améliorer ces conditions impitoyables avec leurs tristes conséquences sur la santé des salariés. Certaines études tendent à établir qu’une augmentation de 1% du chômage entraine une hausse de 4 à 5% des suicides.
Alors se pose de nouveau la question du travail et de son contenu. La crise en cours doit être l’occasion de revenir à l’esprit de ce slogan de mai 68 : « ne pas perdre sa vie à la gagner » Bien sûr sa lecture au premier degré éclaire très crûment le suicide au travail. Mais il s’agissait à l’époque de poser la question du sens du travail. Avec le temps, le travailleur est devenu ressource humaine, exploité avec la même férocité que les ressources naturelles. La personne a disparu des entreprises remplacée par un individu à la recherche de la maximation de son intérêt personnel. Avec le temps la valeur collective du travail a disparu. Avec le temps la société est rentrée dans la seule logique de la consommation pour la consommation, inventant au passage les besoins qui font chauffer la machine capitaliste et enferment les salariés dans le « travailler plus », toujours avec plus de pression pour en réalité perdre plus.
Cette crise doit être l’occasion de remettre en cause cet esclavage moderne. Le travail doit retrouver son esprit d’intégration dans le tissu social et de réalisation. L’entreprise doit redevenir un lieu de respect des personnes et de recherche des meilleures conditions de travail. Le « travailler plus » conduisant à la marchandisation des hommes comme de tous les biens doit devenir un « travailler tous » en réduisant fortement le temps de travail pour retrouver le temps de gagner sa vie dans l’épanouissement de ses propres passions, le temps de ses suppléments d’âme.
Cette crise doit être l’occasion d’une réappropriation collective du sens du travail et donc du sens de notre société.

dimanche 29 mars 2009

vendredi 27 mars 2009

St Quentin, chronique de l'Aisne ordinaire



Ma dernière humeur pouvait inquiéter Alain Minc. Le grain de blues d’un poète peut agglomérer dangereusement d’autres grains d’encre et faire large tache noire sur la belle nappe des gens biens. Mais qu’il me pardonne, ce sont les mots d’un pâle activiste tout dans la langue et quelque peu aigri, lui aussi, d’entendre aujourd’hui souffrir sa fille dans un contrat précaire et de la savoir, demain, grain à moudre dans la fournée des futurs nouveaux chômeurs de mai. Mais qu’il me pardonne d’éprouver quelque colère quand j’entends parler de « génération sacrifiée ». Sacrifiée par qui ?, comment ? Mais je sens que je me laisse, de nouveau, lâchement envahir par cette écœurante rancœur…J’oubliais…l’espérance.
Mais qu’il se rassure Monsieur Minc, le Président de tous les français veille et s’est réengagé, dans son discours de St Quentin, à protéger de son clinquant bouclier fiscal tous les malheureux boucs émissaires comme lui et autres injustes victimes de la crise et des prompts moralisateurs de tout poil. Derrière le rideau de havane des quelques collusions médiatiques, de circonstance, avec les cloueurs au pilori de quelques parachutés en or, il peut ronfler tranquille. Après la crise, le capitalisme renaitra encore plus beau de ce sacrifice obligé et provisoire à la grogne, à ses yeux, populiste.
Mais qu’il se rassure Monsieur Minc, le Président de tous les français, même d’un, Yvan Colonna, qu’il suit plus affectueusement depuis longtemps, surveille et a répété à St Quentin que la liberté c’est de pouvoir vivre sans avoir peur. D’ailleurs pour mieux s’en persuader lui-même, il avait aussi invité à son grand meeting 1400 policiers, mais à l’extérieur. Donc chaque Français va pouvoir vivre sans la peur du chômage, de la précarité, de l’exploitation au travail…à moins que ce ne soit la possibilité de vivre sans la peur de se voir contester la rente acquise dans ces belles décennies libérales.
Mais qu’il se rassure Monsieur Minc, Le président de tous les français a aussi déclaré ce jour là : « Dans une démocratie comme la nôtre le recours à la violence est inacceptable »… « Désormais la seule appartenance à une bande pourra être sanctionnée pénalement d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.. » De quoi calmer tous ces excités des plans sociaux qui pourraient avoir l’idée d’occuper nos belles usines et séquestrer les entrepreneurs courageux dont la ligne bleue de l’action n’est surtout pas leur seul point de mire.
Décidemment, je dois réfléchir. Le fait d’agglomérer des grains d’encre à des grains de blues ne pourrait-il pas constituer le chef d’inculpation pour création de bande. Et une bande de poètes ça fout la trouille.
Alors pour ma fille ? Je peux poèter tranquille, le Président des français s’en occupe personnellement, il l’a dit à St Quentin. Bientôt elle va pouvoir vivre sans la peur du lendemain.

jeudi 26 mars 2009

La trouille du grand soir

« Mesurez-vous que le pays a les nerfs à fleur de peau, que les citoyens ont le sentiment, fût-il erroné, de subir une crise dont nous sommes tous à leurs yeux les fautifs ? Ignorez- vous que la quête des boucs émissaires est une constante de notre histoire et que 1789 se joue en 1788 ? Sentez-vous le grondement populiste, la rancœur des aigris mais aussi le sentiment d’iniquité qui parcourt, comme une lame de fond, le pays ? Voilà la dernière tribune adressée par Alain Minc à ses amis patrons et financiers.
Comment ne pas se réjouir de sentir dans les propos de cet éternel opportuniste une vraie trouille de voir, de nouveau, rouler sur le pavé parisien les têtes de quelques uns de ses amis, la sienne peut-être. Comment ne pas rire de le voir défausser de toute responsabilités ses complices du libéralisme le plus sauvage, vrais faux fautifs, boucs émissaires, que d’affreux populistes, de rancuniers aigris guettent le couteau entre les dents. Comment ne pas se réjouir que des cauchemars de grand soir puissent hanter leur nuit de satin ?
Oui Monsieur Minc et ceux de votre classe dirigeante le danger est à vos portes. Pendant des décennies vous avez capitalisé sur l’instumentalisation des ressources humaines, pendant des décennies vous avez édifié un modèle économique avec pour seule finalité l’accumulation de biens et l’augmentation du profit, détruisant lentement la planète. Pendant des décennies, vous avez arraché des esprits, en ne mesurant la réussite individuelle qu’à l’aune des avoirs, toutes les valeurs collectives, notamment la solidarité. Dans vos entreprises, l’individu est nié, soumis à la seule satisfaction des actionnaires. Pendant des décennies vous n’avez bâti qu’un château de sable capitaliste. Et vous voudriez que les milliers de travailleurs qui sont, tous les jours, lourdés de votre système n’aient pas de rancœur ? Et vous voudriez que les jeunes qui bouchent les pôles emploi n’aient pas comme un petit sentiment d’iniquité ?
Oui, pendant des années, la hantise de votre chômage a freiné les barricades, mais maintenant que votre idéologie est à terre, la peur du lendemain va peut-être changer de camp. Avec quatre millions de chômeurs bientôt et leurs familles à côté ça fait du monde face à votre classe dirigeante…

mercredi 25 mars 2009

La mer contre l'oreille


La mer contre l'oreille
dans l'étendue des couleurs
tu longes le monde
éclaboussé de musiques.

mardi 24 mars 2009

Le bouclier kangourou



Suivant son flair particulier, après Bush II, fin décembre 2007, Nicolas Ier se précipitait dans les jupes de Benoît XVI, en compagnie de l’élégant slipé kangourou Bigard. Notre Saint Ego venait se faire introniser (ouille !) chanoine de Latran.
Au passage (aïe !), le nouveau galant de la fille ainée de l’église n’avait pas mégoté sur les déclarations les plus détonantes et provocatrices comme : « sachez que nous avons au moins une chose en commun c’est la vocation…je partage l’avis du pape quand il considère que l’espérance est une des questions les plus importantes de notre temps…dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur et le curé… »
Déjà suspects fin 2007, ces propos reprennent, aujourd’hui, de drôles de couleurs. Notre élu de la république et du ciel épouse-t-il les pas d’un chef de divisions qui se soucie comme d’une guigne de l’espérance de la vie humaine ? Cultive-t-il avec lui les promesses d’un au-delà meilleur qui justifieraient l’acceptation fataliste d’un éventuel chemin de croix terrestre ? D’ailleurs, en développant le concept de « laïcité positive » et en donnant aux représentants des églises un plus grand poids moral qu’au maître laïc, n’abdiquait-il pas les valeurs de la république au profit d’une pensée et d’un système ecclésiastiques susceptibles de cimenter la cohésion sociale.
En pleine crise de foi dans le capitalisme et de remise en cause des dogmes libéraux, il faut, plus que jamais, veiller à ce que les vieux relents traditionnalistes ne viennent pas polluer les défenses laïques de l’Homme.
Parlant d’un de ses spectacles, Bigard dit qu’en bon explorateur, pour exprimer l’âme secrète, il va regarder dans le slip. Pourrait-il alors éclairer notre lanterne sur les choses réellement en commun avec le Saint-Siège ?

lundi 23 mars 2009

My funny Valentine















le bleu par dessus l'âme
met au clou l'ange
balade dans la chair
la fêlure du juke-box.

dimanche 22 mars 2009

faites la mort!

Il y a le feu au ciel. 52% des cathos sondés (avec ou sans ?...) même les pas scatos, tournent le dos au Saint-Père. Faut dire qu’après ses douteuses saillies sur l’intégrisme et le viol Brésilien, notre papa mobile homme s’est décalotté d’une nouvelle inquiétante pollution nocturne, faisant large tache chrêmeuse sur l’Afrique noire. Sa nouvelle position au pays du missionnaire lui attire tous les foutres de la planète. Car cette sainteté qui vient d’enregistrer déjà deux victimes au stade de Luanda ne compte pas en rester là. Son petit coup de pouce génocidaire devrait précipiter nombre de mauvais chrétiens néanmoins joyeux forniqueurs dans les charmes insondables de la vie éternelle. A moins que le Tribunal pénal international ne lance un mandat d’arrêt et ramène sur terre ce branlant de la calotte. L’église qui par ailleurs, encourage le « aimez-vous les uns les autres », a toujours eu du mal avec le dessous de la ceinture, cachant même honteusement la pédophilie de certains de ses membres. Mais les dérapages papaux traduisent surtout un déphasage sociétal et une méconnaissance scientifique graves qui mettent à bas toute la prétendue autorité de cette église. Si le sexe le titille que Benoît se tourne vers les mafias de la prostitution et laisse l’amour choisir sa sexualité et sortir couvert.

vendredi 20 mars 2009

Au rouge des blés


Au rouge des blés
ta robe s'est prise
renversant le ciel
sur nos peaux nues.

mercredi 18 mars 2009

Mathieu Corp




Mathieu Corp poursuit ses études à Paris, il veut « être photographe ».
Il inscrit son travail dans les pas du grand photographe américain Saul Leiter.
Comme lui, il laisse ses « sentiments appuyer sur le déclencheur ». Son travail évoque une flânerie musicale, avec ses notes de jazz, ses touches de piano, ses grains de voix populaires. C’est un voyeur d’instants poétiques, un voleur d’instants fugitifs. C’est un passeur de vibrations, un révélateur d’abstractions colorées. Il réussit à rendre une vision esthétique bouleversant notre présence aux choses, aiguisant notre sensibilité au monde. C'est un créateur d'imaginaires. Ses couleurs sentent le pigment, ont la sensualité de peintures sur motif. Il réussit magnifiquement à faire de la photographie l’art d’ écrire avec la lumière.
Mathieu Corp est un photographe!