lundi 13 septembre 2010

Merci pour le cinéma



La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence...l'intelligence a des limites, la bêtise n'en a pas.

Claude Chabrol

dimanche 12 septembre 2010

Chasse à Rom



Alors que face aux critiques de la commission européenne, Judas Besson avait déclaré le 10 septembre Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité, voilà qu’on apprend l’existence d’une circulaire du ministère de l’intérieur en date du 5 août, à destination des préfets dans laquelle à plusieurs reprises, la chasse à Rom est explicitement discriminé : les préfets de zone s’assureront, dans leur zone de compétence, de la réalisation minimale d’une opération importante par semaine ( évacuation, démantèlement, reconduite), concernant prioritairement les Roms. Nulle surprise malheureusement, l’acharnement estival contre cette communauté soulignant fatalement un ciblage particulier et réfléchi.
Mais cette mise à jour conforte le sentiment d’une comparaison possible avec d’autres temps où la différence pouvait s’envelopper de nuit et brouillard. Mais cette révélation jette une ombre glaçante sur le pouvoir, surlignant sa capacité de duplicité au service de ses seuls intérêts politiciens. Ces Roms n’étant que les victimes d’un hochement sécuritaire, les martyrs d’un détournement de l’opinion des combines affairistes des Woerth et consorts. Mais cette réalité confirme, si cela était encore nécessaire, la déliquescence de ce pouvoir et son progressif éloignement des valeurs de notre république. Les comportements de ces hommes de ce pouvoir entachent dangereusement la démocratie, en détruisant toute crédibilité de la parole politique .

samedi 11 septembre 2010

L'homme battu en retraite

Travaillez plus pour gagner plus/Travailler plus longtemps pour perdre moins. C’est toujours à travers le prisme de l’avoir, que nos petits gardiens du temple ordurier nous regardent. Jamais à travers celui de l’être. Pas question d’ébranler les colonnes des palais Brongniart et autres autels des boursouflures. Nous sommes asservis par des petits marquis qui nous bavent la petite cuillère en or encore dans la bouche. Ces gens-là qui voient nos vies comme des télés-réalités. Nos tripes comme des ficelles pour leurs petits business. Ces très hauts pour la France d’en très bas. Aussi proches du vécu populaire qu’un Rom du paradis sur France.

L’espérance de vie ? Mais de quelle vie parlent-ils ces assis qui n’ont jamais connu du travail que la bandante exploitation de l’autre. Qui n’utilisent leur cervelle qu’à la multiplication du code barre. Mais de quelle vie parlent-ils ces rats la gueule qui nous suicident dans leurs rouages entrepreneuriaux. C’est le travail qui doit être mis en question, son contenu, sa justification. C’est cette torture qui doit être interrogée quand la recherche de son allongement ne répond qu’à l’huilage d’un système dont la récente crise a souligné l’absurdité et l’injustice totales. La prolongation souhaitée du temps d’esclavage ne vise qu’à préserver leur butin de guerre.

Humeur gitane

Les cloches

Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n'être vus de personne

Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde

Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine

Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J'en mourrai peut-être

Guillaume Apollinaire



Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.

Arthur RIMBAUD

mardi 7 septembre 2010

lundi 6 septembre 2010

Adieu Patricia




Il y a maintenant un trou entre nos mots, une cassure dans nos lignes. Nous lisions ensemble, dizaine de rapportés devenus amis pour enchanter un peu les autres, vibrer nous-mêmes. Nous nous retrouvions pour nous surprendre, nous accorder.

Et dans ce frottement des cordes il y avait ta note. Plutôt bleue buveuse d’horizon clair. Ta petite note posée juste dans la vie, bien tenue dans le registre de l’éblouissement et de la gaieté.

Dans les vibrations de nos tutoiements il y avait ta belle joie d’être. Il y a maintenant un trou dans nos gorges, une voix envolée de notre fil.




mercredi 1 septembre 2010

La faiblesse tranquille

Après la commission européenne, le pape et les évêques de France, voilà le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’Onu qui dénonce le renvoi des Roms par la France.

Voilà notre pays, de nouveau, terni par notre gesticulateur précoce. Mis aux bans. Chacun d’entre nous ainsi montré du doigt à travers l’égo barré de notre calife.

Bien sûr, notre pays ne mord pas encore la cheville des cuba, Iran, Corée ou autre paradis Birman mais référence mondiale des droits de l’homme, il se doit d’être exemplaire sur ce sujet. Chacun de ses dérapages peut, sinon, faire bouger le curseur du tolérable pour nombre d’autres nations.

Notre pays se doit donc de rechercher toujours le juste équilibre entre la sécurisation de ses citoyens et le respect de ses valeurs liberté, égalité, fraternité.

Or, il est bien évident que ce ne sont pas les quelques milliers de Roms qui squattent nos décharges qui sont à l’origine de l’éventuel sentiment d’insécurité de certains français.

Alors, nos dirigeants ont simplement plongé leur cuillère électorale dans la soupe populiste et nauséabonde de l’imaginaire collectif touillée autour de cette population. De voleurs de poules, pire d’enfants…population, par son absence de fixation, regardée, depuis toujours, avec méfiance.

Or non seulement cette politique est abjecte, car elle stigmatise les plus différents, les plus misérables, mais elle s’avèrera n’alimenter que les urnes du front national, sans apporter réponse aux vraies raisons de l’insécurité qui sont, avant tout, le chômage, le travail précaire, la pauvreté et les inégalités croissantes.

Faut-il être faible pour chercher toujours, ainsi sous le préau, un plus petit que soit à tabasser !

Faut-il être petit pour toujours, ainsi, s’abaisser aux plus vils calculs !

vendredi 27 août 2010

chasse présidentielle

Ah! pourquoi ce cœur ce palpitant qui s'emballe serre
Nous tourne la tête nous bouffe vie a ses hauts vomit
Ce muscle mou qui bat fond pour un rien pour un mot
Ah! bonheur des poitrines vides juste avec une pierre
Ou deux pour le bruit bling bling au matin dans le tain
Quand en se rasant on pense chante aux lendemains
Ah! bonheur des cages thoraciques sans pouls coup
Ah! joie des chairs sanglées pour la barbarie la haine
Des corps froids onglés pour la proie le cri déchirant
Pour ceux-là l’ère ouverte des primates des babines
Des hallalis abois des chasses présidentielles sang
Sur les brocards les robes mains fumantes des invités
Bonheur des battues curées des rudes équarrissages
De la viande jetée à la meute du vif dépeçage en pâture
Ah! La belle ère des rats qui sortent des lobes à la brune
Des loups qui ne dorment que d’un œil crevé veillent au
Chaperonnement collectif somment la bête de sortir du
Troupeau bouter à crocs toute peau sentant l’en-dehors.

jeudi 26 août 2010

ETE BRUN


On estime à environ 220000 le nombre de tsiganes tués pendant la seconde guerre mondiale. Bien sur dans les camps de concentration allemands, mais aussi en Pologne, Roumanie, Yougoslavie, Croatie…En France, ils seront fixés puis internés à partir de 1940. Ainsi entre 1940 et 1945, près de 3000 seront enfermés au camp de Montreuil-Bellay qui vient, ironie de cet été brun, d’être classé monument historique.
Les faits actuels doivent nous inciter à relire « Matin brun » de Franck Pavloff et « Si c’est un homme » de Primo Levi dont je prends cet extrait :
« Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que “l’étranger, c’est l’ennemi ”. Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente ; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeur d’un syllogisme, alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager ; c’est-à-dire le produit d’une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse ; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme. »
Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant la table mise et des visages amis
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

mardi 24 août 2010

Tous des Roms


J’aurais bien aimé revenir au contre pays des blogueurs le merle dans la gorge et le coquelicot au fusil. Faire une sorte de rentrée qui sente le thym et la garrigue. Mais voilà la France depuis quelques semaines sent le ranci. Nous sommes dans l’haleine de bouches d’égout.
Pourtant les juilletistes étaient partis se faire creamer dans les effluves du beau linge. Alors on suivait à la trace l’argent sans odeur de la Bettancourt. On était dans le fumet secret de l’entre suisse. Dans la douce évaporation l’oréal. Alors on pédalait dans le chantilly, dans le parfum capitaux de la race chevaline. Dans la cuisine des Woerth, le bouquet des tambouilles, l’abandon de leur moindre pet. On commençait juste à humer le roussi.
Et puis les Roms sont venus. Ils sont tous là. Sans eau ni électricité dans les aisselles tricolores. Et puis les Roms sont venus au nez du pouvoir. Dans l’entêtant remugle des combinards élyséens. Et puis les Roms sont venus à point pour étouffer la puanteur des affaires. Et puis les Roms sont venus qui ne demandaient rien, qu’une flaveur de baguette.
Et la France depuis quelques jours sent le Drancy. Nous sommes tous des Roms.