jeudi 13 mai 2010
complaintes du merle noir/1
mercredi 12 mai 2010
En mai fais où il te plait
Ps: Au soir de cette publication, suivant un sujet sur les spéculateurs, on pouvait voir, sur le journal de la 2, un sujet sur les marchés de la misère qui envahissent les trottoirs parisiens, cour des miracles des chiffons et produits alimentaires périmés... Devant ces marchés nos merdeux abaissent le voile.
mardi 11 mai 2010
Nuit d'ivresse amoureuse

La nuit est douce sous le frisson. Voyez comme on danse sous les étoiles. Voyez comme on berce sous l’ardoisé. Voyez comme on mord le fruit. La nuit fait fête au cœur. Voyez comme on tourne avec la terre. Voyez comme on prend feu. Voyez comme on fredonne ritournelles.
Deux photos s’accolent pour un diptyque charnel. Pour une passion de gestes tendres. La pliure de la chambre noire déplie chambre rouge et chambre bleue, deux atria qui échangent leur sang, scellent amour dans l’infusion de baisers rouges et notes bleutée. L’œil chante sa nuit d’ivresse amoureuse. Deux photos collent leurs lèvres.
dimanche 9 mai 2010
Le déclic a tiré toute la nappe
Du miroir toute La lumière
A lui sur un coup de couleur
Possédé toute l’âme du lieu.
L’œil a marché sur la robe
Du violon mis le cœur
A l’envers soulevé le bord
De l’éternité en douce.
Lâcher le droit fil

Envie soudain de lâcher
Le droit fil la vie toute
Prête l’axe de l’essaim
De courir après la terre
Fraîche naître à la joie
Buissonnière chanter
A tue-cœur la langue
Bien haut-perchée.
samedi 8 mai 2010
l'âme verte
jeudi 6 mai 2010
ne pas

Pourtant, devant cette photo de Michel Godeau, l’instant prête intrigue. On sent l’extrême tension du déclenchement avant de suspendre le temps. L’envie de fixer, aussi, l’entaillement de l’œil, de retarder l’après-coup, d’installer narration dans la prédation.
Alors qu’y prélever ? Qu’y lire ? Deux mots s’accommodent du flou, rabotent le mouvement : Ne pas. Et l’âme selon son penchant va se pendre au vers de Villon ou virer au fer de Calder. Grincer ou huiler l’air.
Tirée de l’âme pour pivoter dans l’œil, la photo becquette ou sculpte, sort l’oiseau de la langue. Les mots prennent garde de ne pas s’y brûler les ailes.
lundi 3 mai 2010
Un peu en absence
Je suis un peu en absence de mon blog, je suis un peu en errance sur les traces d’un ami étonnant voyageur qui m’a invité depuis quelque temps dans ses insomnies créatives.
Partant de la photo express, du déclenché téléphonique au centième, de l’instantané le plus brut, à la manière de la brève notation sur le carnet de moleskine, il capture un détail, une image, un espace, des bouts de peau de lieux, des écorchures d’instants, des pelures de lumière qu’il maroufle ensuite comme fond de tableaux, mais fond tremblé, bougé, trémulé. Des fonds, double fonds usés aux accoudements imaginaires, théâtre ferroviaire de ses bifurcations étoilées. Des contes à dormir contre le sac d’un Kerouac ou d’un Cendrars.
Et sur ces palimpsestes, il applique sa popote, ses jus de cornues, ses poudres d’escampette, ses secrets d’ébénisterie, ses touches de tintinnabulante épicerie, tous ses commerces avec les matières à portée de son chaudron poétique. Craie, aquarelle, acrylique, gros sel, sable, café, pour tenir le coup de foudre.
D’autant qu’il a appelé sa série de toiles : Métaphores et utaupies. De quoi bien semer l’escarbille dans la lessive des ciels, jeter le miroir avec l’eau du tain, de quoi bien huiler les museaux horaires. Utaupie, cet emboîtage métaphorique du petit oiseau et de la boîte noire.
Alors je suis un peu en absence, dans la fantaisie de ses stations.
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samedi 1 mai 2010
Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’oeil
familièrement.
Dis donc camarade soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?
Jacques Prévert

