jeudi 11 juin 2009
mercredi 10 juin 2009
Visions d'un jardin ordinaire
lundi 8 juin 2009
Le curé des jardins

Il nait le 23 avril 1853 près d’Hazebrouck où il est nommé en 1878 après sa prêtrise et enseigne alors au collège local. En 1893, il est élu député sous l’étiquette socialiste chrétien. Il est, par la suite, réélu à cinq reprises. En 1914, il devient maire d’Hazebrouck. Après la guerre, il adhère au groupe de la gauche radicale. Il sera maire d’Hazebrouck et député du nord jusqu’à sa mort le 7 mars 1928.
A l’assemblée nationale, il lutte pour la limitation du temps de travail, le repos hebdomadaire, la réglementation du travail de nuit pour les femmes et les enfants, les allocations familiales… militant contre la peine de mort, il lance une pétition pour la grâce de l’anarchiste Vaillant qui vient de le blesser à la suite d’une bombe lancée dans l’enceinte de l’assemblée.
En 1896, s’inspirant des allotments anglais et des jardins ouvriers encouragés par le pédagogue Daniel Schreber en Allemagne, l’abbé Lemire, avec l’appui de l’abbé Gruel, fonde la ligue française du coin de terre et du foyer afin de multiplier les initiatives municipales de mise à disposition de parcelles cultivables pour les familles ouvrières. La ligue s’est fondue aujourd’hui dans la fédération nationale des jardins familiaux et collectifs.
Outre que cette initiative de l’abbé Lemire a contribué à l’amélioration des conditions de vie de nombreux foyers ouvriers, elle a développé un véritable esprit d’entraide et d’échange entre les exploitants de parcelles, le partage du savoir-faire, des graines, des arrosages et le côtoiement des histoires personnelles installant une forte culture de solidarité.
Alors c’est sans doute grâce à ce curé des jardins, dont une rose porte le nom créée en 1996 à l’occasion du centième anniversaire des jardins ouvriers, qu’aujourd’hui encore, chez la plupart des jardiniers, malgré le repli ambiant sur le pré-carré individuel, subsiste un peu le goût des autres.
dimanche 7 juin 2009
L'ami des jardins

Un dieu s'est éveillé dans ce jardin
quand la sauvagine s'est enfuie
C'est l'heure laiteuse
où le ciel livre
ses bouquets de pivoines et de campanules
Et c'est le premier oiseau
sur les ailes bleues des arbres.
Poèmes d'Annie Briet d'après tableau de Louttre.B
extrait "la chair des jours" chez Soc & Foc mai 2009
samedi 6 juin 2009
Dimanche 7 juin cultivons l'Europe
Dimanche 7 juin, l’Europe s’invite dans la journée des jardins, ce beau rendez-vous des jardiniers de tous les jours. A entendre les sondages, beaucoup semblent penser que le jardinage commun des parcelles qu’on appelle pays pour arranger une belle terre européenne cousue de cultures et de floraisons diverses mais ouverte est un très vieil arrangement qui ne nécessite ni veille ni passion d’entretien. Pourtant l’idée reste belle de tenter de cultiver sans haies privatives et sur le terreau de nombreux conflits des valeurs historiquement enracinées comme liberté, égalité, fraternité. Encore plus aujourd’hui où la crise stimule les tentations de replis sur les frontières les plus égoïstes. Bien sûr, L’Europe d’aujourd’hui s’est éloignée des idéaux des premiers fondateurs. Elle n’a pas échappé au roundup et au défolient du libéralisme. Elle est bien abimée et demain les radicaux du sécateur risquent de préserver leur chasse gardée. Alors l’urne reste le moyen d’éloigner les rongeurs de liberté, d’empêcher que suceurs libéraux ne ratissent trop large, de faire reverdir l’Europe sociale.
Dimanche 7 juin, L’Europe a suscité nombre de vocations jardinières, 161 listes. Si la plupart contiennent un programme écologique, beaucoup ont placé la survie de la terre et le retour de l’homme arraché à l’économique au centre de leurs questionnements. « Europe écologie », « Notre énergie pour la terre », « Pas question de payer leur crise », « Europe décroissance », « Union des gens », « L’Europe la vie », « La terre sinon rien », « Résistances ». Alors chacun peut trouver son carré où semer sa petite graine et contribuer ainsi à l’embellissement du plus large territoire en raccordant entre eux les jardins intérieurs du plus grand nombre d’hommes unis dans la même ambition de développement des solidarités.
Dimanche 7 juin, choisir l’isolement à l’isoloir, c’est laisser le chiendent des libéraux étouffer notre vraie liberté d’homme debout, c’est laisser la ronce des châtelains détruire nos défenses solidaires.
vendredi 5 juin 2009
Comme pomme d'arrosoir
Deux museaux frais d’agneaux tout
Le silence leur est un paradis
D’eau. Elle a les genoux comme
Deux taupinières de terreau dans l’herbe et
Les jardins sont des paradis d’air
Comme un couple de mots au milieu
De la phrase et le langage serait
Un paradis de poèmes les genoux fermes
Et joie comme des joues.
Elle a le sein droit plus léger
Pointillé pomme d’arrosoir le sein
Droit comme un jardin le soir mais
Oui comme un jardin il y a
Autour un village en Vendée ou
Peut-être un bord de Loire et
C’est très tard et très peu de couleur
Elle a le sein droit posé après
Tout un pays de vignes après
Tout un temps de travail à la vigne
Et fatigué fatigué mais le vert ah
Me voilà perdu vignes
Comme une parole et je parlais
Il faut tailler tailler ramasser la phrase ah
Venir à l’évidence du sein droit.
James Sacré extrait de « Cœur élégie rouge » 1972
jeudi 4 juin 2009
En commençant à jardiner
En commençant à jardiner, je n’ai fait que reprendre les gestes de mon père, observés dans l’enfance. Je n’ai fait que poursuivre cette grande tapisserie de terre de la première heure. En nouant mon premier point de semis, je n’ai fait que tirer le fil de nos lignées de vie jardinière, continuer patiemment de coudre à nos peaux de passage la terre nourricière, mélanger à la chair ce terreau élémentaire, retourner régulièrement la nuit pour y planter du ciel, remuer tous ces silences qui cachent le cœur, atteindre le centre de l’âme sous la couleur rugueuse des mottes.
En commençant à jardiner, je n’ai fait que réapprendre à vivre, à rapprocher mes mains du battement du monde, à comprendre l’éloignement de mes commerces avec cette culture retenue mais éclatante de l’éclosion. Je n’ai fait qu’agrandir mon lopin mélancolique mais souvent arranger de sourires mes instants et retrouver mon enfance moqueuse. En caressant les poussées verdies je ne fais que lire la terre, récolter enfin mes questions avec leur monnaie de songes. En commençant à jardiner je n’ai fait que chemin vers le regard émerveillé des peintres de Lascaux sur la création.
mercredi 3 juin 2009
Dans ma cabane à mots

« Aurons-nous le temps de renouer ? De patienter au plus près de cette terre accablée qui délivre encore, pour ses fous, d’admirables instants d’éternité. »
Pierre-Albert Jourdan dans ‘’L’entrée dans le jardin »
« Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on touche n’est que la peau, le cuir, l’écorce, enfin la dernière surface d’une autre matière impalpable, invisible, intérieure. »
Joseph Joubert
« Je pense vraiment que le seul moyen efficace de s’évader est de s’enfoncer au plus profond de son être. Croyez- moi, ainsi l’on peut tout fuir et soi-même en premier. »
Louis Scutenaire (complice de Magritte)
« Trouvez donc aux paroles la saveur d’une bouche »
Paul Nougé (complice de Magritte)
« Il neige.
Sous les flocons la porte
Ouvre enfin au jardin
De plus que le monde.
J’avance. Mais se prend
Mon écharpe à du fer
Rouillé et se déchire
En moi l’étoffe du songe. »
Yves Bonnefoy « Le jardin »
mardi 2 juin 2009
Ceci n'est pas une pomme
Aujourd’hui 2 juin, le nouveau musée René Magritte ouvre ses cimaises sur la place royale à Bruxelles. Ce cadre prestigieux va montrer la plus grande collection, plus de 200 œuvres, de cet artiste considéré comme le plus grand peintre belge du 20è siècle, mais aussi dessinateur, graveur, sculpteur, photographe et cinéaste. Né à Lessines en 1898, il est mort à Bruxelles en 1967. Son adolescence sera très marquée par le suicide de sa mère. Parti d’un futurisme tendant à l’abstraction, en passant par le graphisme publicitaire, il devient à partir de 1926 un artiste éminent du mouvement surréaliste, très proche d’amis poètes comme Scutenaire ou Paul Nougé.L’originalité poétique de l’œuvre de Magritte avec ses titres sans rapport apparent avec le tableau, mais chargés eux aussi d’un grand pouvoir spéculatif, fait qu’elle imprègne fortement l’imaginaire collectif. Ses toiles sont connues d’un large public, même si une majorité en ignore souvent le signataire. Leur grande séduction tient au fait que Magritte fabrique du rêve, du mystère avec les éléments les plus réalistes, les objets les plus simples et identifiables, les situations les plus réelles. Il casse la logique rationaliste, il transgresse les références visuelles et intellectuelles dans la composition, la mise en espace de ses toiles et du coup conteste la perception du réel, ouvre l’imaginaire. Ses distorsions semblables à celle d’un poète nous affranchissent du carcan du regard unique, nous font toucher d’autres réalités possibles, des surréalités. Magritte nous offre dans la vision de ses tableaux et le décalage de leurs titres des suppléments buissonniers.
Ainsi écrivait-il: « Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées. »
Ainsi disait-il : « Je déteste mon passé et celui des autres. Je déteste la résignation, la patience, L’héroïsme professionnel et tous les beaux sentiments obligatoires. »
Ainsi confiait-il : « J’aime l’humour subversif, les tâches de rousseur, les genoux et les longs cheveux des femmes, le rire des jeunes enfants en liberté, une jeune fille courant dans la rue ; Je souhaite l’amour vivant, l’impossible et le chimérique… »
Aujourd’hui 2 juin, place royale à Bruxelles, l’œil va pouvoir s’écarquiller devant une peinture, à l'image de ses propos, d’une éternelle verdeur lisible et visible comme une pomme au milieu de la figure.
lundi 1 juin 2009
En juin cultive ton jardin
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