jeudi 31 octobre 2013

J’ai 11 ans / 12 /





J’ai 11 ce printemps 60 sans bougies ni trompettes. Mes rêves ou cauchemars dans le coin gauche de ce qui est aussi la salle à manger. Mes rêveries matinales aussi, avant les grandes orgues dominicales et gothiques, dans la chaleur ronronnante de la Minette cachée sous les draps. En juillet 67, avec la Philips noir et blanc rentrera un canapé fleuri qui détrônera mon lit, alors de vacances. Guy Lux, Anne-Marie Peysson et leur Palmarès des chansons faisant définitivement écran aux nuits partagées avec ma sœur et mon frère dans cette pièce mixte et notre seule chambre.
Tous deux bien plus âgés veillant sur le retardataire. Lui liant même parfois les mains pour qu’il ne se mette pas en lambeaux. temps de fratrie complice éclairée l’hiver par la danse de la flamme bleue de la salamandre à charbon, réchauffée surtout par la plume des édredons ventrus rouge et jaune et la brique molletonnée saisie dans la cuisinière et glissée dans le lit au coucher. J’ai 11 ans dans l’angle tapissé où je dévore Bob Morane et découpe dans le Pèlerin, pour les relier, les pages Pat’Apouf, le détective rondouillard à la mèche gominée, dessiné par Gervy, sorte de Tintin des cathos.





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